PARFUMS DE VACANCES


Jean-Philippe AIZIER

Poèmes inédits




Le noir du temps
S’inscrit
Au tableau noir
De mes nuits blanches
Dans les arcanes 
Des lointains rivages

Une villa abandonnée sur un pic
Qui regarde la mer
Des années ont passé
Le sable a gardé
Nos empreintes juvéniles
À peine effacées

J’écoute le vent du large
Et respire le sel
Des effluves persistants
Quand les bateaux rentraient au port
Ce ne sont plus les mêmes bateaux
Mais rien n’a vraiment changé

Quelques ajoncs
Balayés par les brises
Résistent encore
Paysage immortel
Le portail semble clos à tout jamais
Les souvenirs glissent sur la plage

L’été est là
Relative fraîcheur
Des jours où le soleil s’estompe
Dans l’indifférence des flots calmes
Le balcon délabré
S’incline sous l’estocade de l’oubli

Les premières amours ont déserté
La baie de l’innocence
Recouverte du limon
De nos rires
Que l’écho distille encore
Aux oreilles attentives


*****

J’avance dans les rues endormies
De la citadelle
Matin d’ambre

Au ciel parsemé
Des dernières ombres de la nuit
Premier café
Sur le comptoir
L’aurore allonge
Ses premiers rais
D’or et d’argent

Premières nouvelles
Toujours les mêmes
Ou presque

Premiers bruits du jour
Quiétude en partance
Vers le prochain levant


*****

Enfilade de quais
Reflets aigue-marine de ce soir-là
Rails luisants
Au clair crépuscule
J’attends le signal
Départ vers le grand large
Via la plaine et la lande
Une dernière cigarette
Et en voiture
Le train s’ébroue
La grande gare
N’est plus qu’un point fuyant
Déjà la banlieue s’amenuise
Les images défilent
Au rythme des pensées

Filant vers demain

Reflets aigue-marine de ce soir-là

*****

Clair de lune sur la falaise
Pas âme qui vive
Des chants ancestraux
Montent pourtant jusqu’ici
Aventuriers ou flibustiers
Marins au long cours
L’histoire a gravé leurs voix
Dans le sillon de l’onde
Échos venus s’échouer
De ressac en ressac

Sur le fil de la mémoire
Lueurs de nuit
Caressant la blancheur crayeuse
Traversées d’hier
Néant d’aujourd’hui
Venus se confondre
Dans la contemplation nocturne
À la rencontre
Du présent
Et du silence

*****

Quelque bruine
Sur la digue
Quelque grain perdu
Dans l’air du matin

Là-bas un chien fou qui jappe
Sa voix résonne
Dans l’infini du jour pointant
Je voudrais encore
Des instants pareils
Conjurant
Les fêtes surfaites
Censées nous réjouir


*****

 

 


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